Publications > L’engagement professionnel agricole, entre militantisme et services – Le Guen, R. 2008

Le Guen, R. 2008. “L’engagement professionnel agricole, entre militantisme et services.” Pour 196-197(1):114-130.

Résumé

Depuis plusieurs années, nombre d’observateurs et de dirigeants professionnels considèrent que les agriculteurs français ont tendance à se désengager, aussi bien de leurs organisations professionnelles que des collectivités locales, pour se centrer sur la réussite de leur exploitation et leur mode de vie. Pourtant, cette idée semble d’emblée relativisée par le taux de participation aux dernières élections professionnelles agricoles (chambres d’agriculture de 2007) qui, lors de ce scrutin, a en effet atteint le score de 65,5 % (+ 5 points par rapport à 2001 et + 8 points par rapport à 1995). Ce score se situe par ailleurs à un niveau nettement supérieur à celui des autres secteurs professionnels.

 

La question de l’engagement professionnel contemporain des agriculteurs peut être examinée de près à partir d’une enquête nationale (voir encadré) réalisée en 2005 . Ces données sont d’autant plus intéressantes à analyser qu’en France, dans les années 1980-2000, l’engagement professionnel des agriculteurs a fait l’objet de peu de travaux sociologiques, même si la publication récente de plusieurs thèses universitaires est venue combler ce vide et relancer l’analyse du militantisme agricole contemporain . Les comportements collectifs des agriculteurs n’étaient souvent évoqués que de manière récurrente, sous des angles économiques ou politiques, comme une composante de la « crise de la profession agricole  ».

Une enquête nationale auprès des agriculteurs

Les données de cette enquête, reposant sur un échantillon de 505 agriculteurs, représentent assez bien la diversité de l’agriculture française. Cependant, par comparaison avec l’enquête de 2005, portant sur les structures d’exploitation, notons une surreprésentation des formes sociétaires (environ 5 points de plus), des exploitations dont la surface utilisée est supérieure à 200 ha (plus 9 points) et de celles à dominante laitière (plus 9 points). En revanche, les exploitations ovines, caprines et bovines herbivores sont sous-représentées ; il en est de même des exploitants non professionnels et de ceux de plus de 60 ans (ces derniers ont moins répondu à l’enquête). Enfin, les agricultrices qui ont répondu étaient toutes responsables ou coresponsables d’exploitation.

 

En reprenant les résultats de cette enquête, nous cherchons ici à donner une image succincte de l’engagement professionnel, en nous centrant sur la diversité des logiques des agriculteurs, lorsqu’ils choisissent de s’impliquer ou non dans des actions professionnelles collectives.

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