Négocier et instituer la valeur des biens environnementaux | Chaire Mutations Agricoles Négocier et instituer la valeur des biens environnementaux | Chaire Mutations Agricoles

Négocier et instituer la valeur des biens environnementaux

 

La transition agro-écologique est aujourd’hui moins un enjeu culturel qu’un enjeu pratique et économique. Il s’agit d’adopter des façons de travailler valorisées. De nombreuses expérimentations professionnelles, des innovations sociales et marchandes, attestent de l’engagement des acteurs des mondes agricoles pour trouver de nouveaux modèles techniques et marchands. Des travaux sont en cours au sein de la Chaire sur les conditions de mobilisation des partie-prenante dans ces dispositifs, sur la négociation de la valeur et son partage au sein des filières ; ils seront valorisés et mis en discussion dans la chaire au début du prochain projet triennal. Deux projets permettraient d’aller plus loin sur cet axe.

Repenser les dispositifs de valorisation du changement : des obligations de moyens aux obligations de résultats 

Plusieurs initiatives à l’échelle des filières ou de territoires marquent l’ambition de renouveler les dispositifs de valorisation des changements de pratiques en passant d’obligations de moyens (caractérisés par des cahiers des charges relatifs aux pratiques de production) à des obligations de résultats (caractérisés par un bénéfice environnemental mesuré). Cette reconception des dispositifs suppose de mieux appréhender les processus de définition des objectifs environnementaux, de mesure des couts et bénéfices des changements, des procédures d’évaluation.

  • Nouveaux processus de négociation de ce qui a de la valeur. Si l’ambition souvent affichée de ces dispositifs est de constituer des espaces hétérogènes de définition des enjeux environnementaux associés à une autonomie des agriculteurs pour définir les moyens pour y répondre, l’observation montre une diversité de processus qui questionne la possibilité d’une diversité de parties à négocier ce qui a de la valeur, qui pointe une forme d’inertie dans les enjeux, les pratiques et les rôles adoptés par les uns et les autres. Il s’agira de décrire la diversité des processus, d’identifier les parties prenantes ainsi que leur contribution et leurs effets sur ces négociations, d’interroger les échelles prises en compte (pratique / système / service singulier / bouquet de service), d’analyser les formes de rétributions (économiques et sociales) négociées.
  • Interactions entre résultats environnementaux et performances économiques. La négociation de la valorisation de la production de services environnementaux implique de mieux connaitre la valeur et le coût de ces services. Or ici, plusieurs challenges sont encore à surmonter. Parmi eux, notons que ces nouveaux dispositifs permettent une grande variété de pratiques pour atteindre les résultats environnementaux… et de ce fait une approche par les coûts de production est complexe. En outre, des recherches de bio-économie ont montré que le bon état écologique du territoire interfère avec les coûts de production agricole (par exemple un fort taux de matière organique dans le sol ou la présence de nombreux auxiliaires). Le service environnemental génère à la fois des coûts et des bénéfices pour les exploitants. Il s’agirait donc ici, en partant de cas précis, de mieux appréhender la valeur économique de la production de services environnementaux à l’échelle de l’exploitation.
  • Dispositifs d’évaluation du résultat environnemental. Ce changement de dispositif implique de pouvoir mesurer le résultat environnemental, il implique aussi souvent de penser des modalités de partage de l’information, de contrôle. Il implique de concevoir de nouveaux agencements d’acteurs des marchés de services environnementaux autour de ces fonctions d’évaluation. Comment concevoir ces relations nécessaires à la crédibilisation des dispositifs tout en tenant compte de l’ambition d’autonomie décisionnelle des agriculteurs ? En observant la mise en place de dispositifs différents, nous proposons de réfléchir à la place des agriculteurs dans ces dispositifs (rôle, pouvoir).

Trajectoires de changement et accompagnement de la transition

L’ambition de mettre en œuvre une transition agroécologique amène les agriculteurs à s’engager dans des changements de pratiques ou à revoir leur système de production. Or ce moment du changement est marqué par l’incertitude. Il s’agit de décrire les incertitudes et risques auxquels sont confrontés des agriculteurs engagés dans des trajectoires de changement, pour rendre compte de la façon dont ils les prennent en charge. Nous proposons d’interroger la façon dont des dispositifs techniques (OAD…), sociaux (collectifs, mutuelles, conseils…), économiques (stratégies de gestion à l’échelle des exploitations, des filières…) permettent d’amortir les aléas et les risques de ces changements de pratiques.

Pour en savoir plus, téléchargez notre rapport d’activité

Découvrez nos Synthèses sur cet Axe de recherche !

  • Les synthèses des projets de recherche :

Synthèse_Farmaine

Guide-methodo-demarche-PSE-2022-06-vf

  • Les synthèses des Ateliers-conférences :

Synthèse_atelier_PSE