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La construction sociale des bassins de production agricole

 

La Chaire Mutations Agricoles a le plaisir de vous inviter à une conférence de François SARRAZIN, sociologue, en lien avec son dernier ouvrage, LA CONSTRUCTION SOCIALE DES BASSINS DE PRODUCTION AGRICOLE. Celle-ci se tiendra le lundi 24 avril 2017 à l’ESA de 18h à 19h30. Pour des questions d’organisation, nous vous remercions de vous inscrire via le lien ci-contre, au plus tard le 14 avril 2017.

 

” La réussite des bassins de production agricole est dépendante de la qualité des collectifs humains “

L’approche de l’agriculture par les bassins de production a été peu théorisée. Les approches techniques et économiques privilégient les analyses en termes de filière. François Sarrazin, sociologue, se focalise prioritairement sur les facteurs de coordination et les liens de coopération entre les acteurs locaux : les agriculteurs bien évidemment, mais également les institutions locales autour du contrôle de la qualité et les collectivités territoriales pour l’accompagnement du développement économique et technique des productions.

Les bassins de production se distinguent par le fait que le produit final est issu d’un territoire clairement identifié, associé à une notoriété propre. Les facteurs identitaires jouent un grand rôle tout autant que la fierté de la population locale qui se fait souvent l’ambassadrice de la qualité des productions agricoles et des traditions gastronomiques locales. C’est une évidence pour les produits d’origine contrôlée et sous signes officiels de qualité. Mais c’est également vrai pour des productions techniques comme les semences, où la pureté spécifique est construite et garantie par les mêmes mécanismes sociaux.

Au final, la réussite des bassins de production agricole est dépendante de la qualité des collectifs humains capables de construire les coordinations nécessaires à la résolution de leurs enjeux. Cette aptitude est généralement le fait de communautés professionnelles. Parler de construction sociale, c’est évoquer les efforts, les concessions réciproques, développés par les acteurs sociaux pour atteindre ce résultat. Cette construction sociale est la résultante de la coexistence localisée des trois modes de régulation des échanges sociaux : le don, dans le bénévolat de l’engagement, le marché, dans la concurrence entre les entreprises et la redistribution, par les contributions des collectivités territoriales au soutien de l’activité. Mais le fait majeur et le paradoxe, c’est que les liens de coopération et de solidarité par le don subsistent au sein de relations faites d’émulation et de concurrence, souvent sévères.

François Sarrazin a été de 1989 à 2013, enseignant-chercheur à l’École supérieure d’agricultures – Angers, intégré à deux équipes pluridisciplinaires, l’une d’agronomes, l’autre d’œnologues, et coresponsable de deux programmes de cinquième année en agro-écologie et en viticulture-œnologie, parties intégrantes de masters. Il est aujourd’hui professeur émérite au sein du LARESS.