Travaux de recherche sur l’agro-écologie

L’agro-écologie s’invite depuis une dizaine d’années en France dans l’espace scientifique et politique. Ce mouvement interroge directement les agriculteurs, sur leurs modes de production et leurs liens aux processus biologiques, mais aussi sur les formes de relations qu’ils entretiennent avec les consommateurs et les citoyens au sein des territoires, dimension perçue par certains auteurs comme constitutive d’une agro-écologie profonde (van Dam et al. 2012).

Nous nous sommes intéressés dans cette recherche aux réalités que recouvrent cette notion d’agroécologie dans 4 territoires des Pays de la Loire : des agriculteurs qui de fait intègrent la biodiversité dans leur métier d’agriculteur se reconnaissent-ils comme agro-écologues ? Quel sens donnent-ils à leur métier ? Quelles sont les ressources mobilisées par ces agriculteurs pour mettre en œuvre leurs projets ? Nous avons en particulier questionné la place et les effets de ressources sociales spécifiques : les relations entretenues par ces agriculteurs avec des acteurs territoriaux hors de la profession instituée, au premier rang desquels figurent les consommateurs.

Les résultats de cette recherche sont en cours de valorisation, mais nous vous proposons ici deux synthèses d’enquêtes réalisées par Clara Pailleux et Claire Bernardin, stagiaires au LARESS en 2016. Clara Pailleux montre en particulier la diversité des significations associées à l’agro-écologie par les agriculteurs, chacune associée à des trajectoires sociales singulières. A travers l’analyse de ces parcours d’agriculteurs apparait le rôle important joué par des ressources sociales territoriales pour dépasser certaines épreuves. Consommateurs, associations de soutien à l’agriculture paysanne, associations naturalistes, élus locaux et réseaux d’agriculteurs, alternatifs ou non, semblent constituer des écosystèmes locaux ouverts, mobilisés hors des démarches instituées pour développer des projets singuliers. Claire Bernardin déplace l’analyse sur les consommateurs des territoires : elle montre la difficulté pour des consommateurs à saisir les questions de biodiversité. Si les dynamiques territoriales créent des liens de solidarité, et participent à redéfinir des modèles de consommation durable locaux, il ne sont pas le siège d’apprentissages relatif à la question de la biodiversité, pourtant centrale pour nombre d’agriculteurs auprès desquels ils s’approvisionnent.

Ainsi cette recherche contribue à éclairer tant la diversification des métiers de l’agriculture que l’ouverture sociale des dynamiques collectives en agriculture.

Inscription à la lettre d'information de la Chaire Mutations Agricoles


[sibwp_form]

Suivre la Chaire Mutations Agricoles