À Angers, une chaire sur les mutations agricoles – Ouest France

Roger Le Guen, enseignant chercheur en sociologie à l’École Supérieure d’Agriculture d’Angers, titulaire de la nouvelle chaire « mutations agricoles ».

Pourquoi cette nouvelle chaire ?

Les sciences économiques et humaines étudient l’agriculteur comme un acteur du territoire au centre des problématiques sociales (OGM, malbouffe, qualité de l’eau, biodiversité, foncier…). C’est comme si la société observait l’agriculture et ses transformations avec ses propres jumelles, au travers de ses propres attentes. Il existe un déficit de réflexion sur les aspects humains et sociaux de ces mutations. Cette chaire prend le parti de porter un autre regard sur les agriculteurs. En les considérant comme des acteurs économiques et professionnels qui produisent des végétaux et des animaux, qui ont une activité prenante, en pleine transformation, en proie à de multiples tensions.

 

Quel est son champ d’investigation ?

Premier axe : les transformations du métier d’agriculteur. Celles propres à l’agriculture ou celles partagées avec d’autres milieux professionnels. Deuxième axe : l’engagement collectif des agriculteurs : comment le syndicalisme, la coopération, le mutualisme font face à la montée de l’individualisme ? Enfin, troisième axe de recherche : les changements dans les façons de produire et d’entreprendre.

C’est-à-dire ?

Les innovations se multiplient et changent de nature. Elles portent sur l’agronomie, la biologie, la biodiversité, la qualité des produits, l’alimentation des animaux. Elles se traduisent par de nouveaux outils (robot de traite, méthanisation…) et de nouveaux acteurs. Deux éléments les caractérisent : elles demandent une participation active des agriculteurs et la place des techniciens est remise en cause. Autrefois notables de l’agriculture, ils font face à des agriculteurs exigeants et formés. Les formes d’organisation se transforment : embauche de salariés, construction de formes sociétaires complexes, apports de capitaux extérieurs. Il faudra aussi étudier la séparation croissante entre grandes cultures et élevage, les nouveaux liens entre la production et l’agroalimentaire.

À qui est destinée cette chaire, qui en sont les acteurs ?

 

Elle s’adresse à des étudiants de deuxième et troisième cycles. Il est prévu d’impulser des thèses codirigées entre les enseignants chercheurs de l’ESA et les Universités Angers-Le Mans-Nantes. La chaire est financée par l’ESA et les commanditaires des thèses (coopératives, entreprises privées, organisations professionnelles agricoles…). La première publication portera sur le métier d’éleveur laitier dans l’Ouest.

 

Et les autres sujets de thèses ?

Les relations entre les agriculteurs et leurs coopératives, les agriculteurs maires, l’évolution des Cuma… Ces recherches se veulent proches du terrain. Nous voudrions organiser des séminaires itinérants pour débattre sur les travaux en cours. Les recherches menées ont vocation à être publiées dans des revues spécialisées et sous forme de livres.

Auteur : Xavier Bonnardel

Inscription à la lettre d'information de la Chaire Mutations Agricoles


[sibwp_form]

Suivre la Chaire Mutations Agricoles